L’Invité du Mois : Olivier Casaliva

Olivier Casaliva, auteur du roman « Prières de Sang » a été l’invité d’Enjeux de Mots pour l’Interview du Mois. Zoom sur cet auteur dont le premier roman a séduit les critiques !

À PROPOS DE L’AUTEUR

Passionné depuis toujours par l’écriture Olivier Casaliva noircissait déjà ses cahiers d’écolier de récits fantastiques. Un jour il décide d’écrire son premier roman. Il s’isole pour aller au bout de son projet et écrit sans discontinuer pendant un an. Quand le roman est terminé, c’est le choc ! Bien loin d’écrire le livre plein de douceur et lumière qu’il projetait, il découvre une oeuvre noire et diabolique. Sans qu’il s’en rende compte, son roman lui a ouvert les portes de son âme et il y a découvert la nuit…

Interview 

  • Bonjour Olivier, vous êtes la bienvenue chez Enjeux de Mots. Parlez-nous un peu de la vocation d’écrivain et de ces instants de réalisation qui poussent l’auteur à vouloir tremper la plume dans l’encrier ? Comment cela vous est-il venu (élément ou contexte déclencheurs ?)
  • Prières de sang est le fruit d’une longue histoire. En effet, j’ai toujours beaucoup écrit. J’écris depuis mon adolescence en fait. J’ai rédigé pendant des années des nouvelles, des esquisses d’histoire jamais vraiment abouties, des débuts de roman abandonnés en chemin. Je n’étais encore jamais allé au bout de la rédaction d’un véritable livre. Sans doute par manque de temps, de discipline, de motivation, je ne sais pas. Pourtant l’envie était là, depuis le début.Il y a quelques années, une opportunité professionnelle inattendue m’a permis d’aller jusqu’au bout de cette envie … Pendant trois ans, j’ai en effet travaillé loin de chez moi, ne rentrant à la maison que le week-end. Cela a été le déclic ! Dans ma petite chambre d’hôtel, tous les soirs, j’avais enfin du temps pour moi. Rien d’autre à faire que d’écrire !

 

  •  Avez-vous besoin d’un univers d’écriture aux conditions spéciales pour écrire ? Ou recours à des rituels particuliers  ? 
  • Pendant la rédaction de Prières de sang, j’écrivais chaque soir en rentrant du travail. Dans le métro sur le chemin du retour je pensais à mes personnages, à la suite de leurs aventures. Les idées jaillissaient comme un feu d’artifice. Dès la porte de ma chambre fermée, je m’allongeais sur le lit le dos bien calé sur mes oreillers et j’écrivais des heures, à la main sur des cahiers, noircissant sans rature chaque soir une bonne vingtaine de pages. J’ai bien essayé d’utiliser un logiciel de traitement de texte à un certain moment mais cela bloquait mon inspiration. Je n’étais pas assez adroit à l’époque sur un clavier.J’ai passé finalement beaucoup plus de temps à rédiger par la suite « Prières de sang » sur un ordinateur qu’à en écrire le premier jet. Quand je me en effet suis retrouvé en face de tous ces cahiers gribouillés au stylo, cela s’est avéré très compliqué d’organiser un récit structuré, de concevoir un plan a posteriori. Il y avait un tel grouillement de vie dans mes carnets ! Des personnages multiples, des histoires entrecroisées sans toujours réellement de lien les unes avec les autres. Cela m’a beaucoup appris sur la rigueur nécessaire à la construction d’une histoire, sur le professionnalisme du métier d’écrivain. Au bilan, on doit retrouver dans « Prières de sang » moins d’un tiers de ce contenaient mes premiers cahiers.

 

  •  Que lisiez-vous plus jeune et quels auteurs vous ont influencé ?  Est-ce que ces goûts ont évolué avec le temps ? 
  • J’ai lu énormément quand j’étais adolescent. Quasi exclusivement de la Science Fiction. Isaac Asimov, Clifford D.Simak, Philippe K. Dick, Arthur C.Clarke, Aldous Huxley. J’ai dévoré tous leurs bouquins. J’adorais les mondes imaginaires où tout était possible ! En dehors de la SF, les romans me semblaient trop limités, leur horizon trop bas, leur histoire pauvrement quotidienne trop prévisible. J’écrivais beaucoup aussi, des nouvelles, des débuts d’histoires. Sur des cahiers déjà.Puis mon activité professionnelle m’a éloigné de la lecture. Aujourd’hui je lis de temps en temps. Un peu de tout d’ailleurs. Mais toujours convulsivement ! Je finis mes lectures en quelques jours, même pour les gros bouquins (rires).

    Il y a quelques années, je me suis intéressé à la lecture religieuse et à la foi. Cela se traduit évidemment par la présence au cœur de mon roman de cette lutte éternelle entre le bien et le mal portée par chacun d’entre nous.

 

  • Votre premier roman « Prières de Sang » a suscité beaucoup d’engouement auprès de ses lecteurs, pouvez-vous nous en dire plus sur cet ouvrage et ses conditions d’écriture ? 
  • Quand j’ai commencé « Prières de sang », je n’avais pas de plan détaillé, juste une idée générale. Ecrire quelque chose de beau qui mette en lumière, dans son combat contre le mal, tout ce qu’il y a de bon en l’être humain. Dès la première page de mon premier cahier, l’histoire a surgi, prenant spontanément son envol, en totale liberté. Plongé dans la création je n’ai pas voulu réfréner tout ce qui s’écoulait de mon stylo avec autant de facilité, de fluidité. Je n’ai pas osé contrarier ce formidable fleuve d’inspiration, de peur de le voir s’éteindre.Mal m’en a pris !

    Quand j’ai fait lire les premières versions de mon livre autour de moi, j’ai eu la surprise de voir des visages consternés. Subitement, j’ai pris conscience que l’écriture avait ouvert une porte sombre quelque part, tout au fond de moi. Quelque chose d’inattendu en était sorti qui avait pris possession de mon récit, avait fait de mon stylo son instrument. « Prières de sang » n’est absolument en rien le livre que je voulais écrire. C’est pourtant celui que j’ai écrit. On ne peut rien au reflet qui vous fait face dans le miroir diabolique de l’écriture ! Il est la vérité et vous êtes le mensonge. Mon roman m’a fait découvrir les profondeurs de mon âme. Et j’y ai découvert une surprenante obscurité …

 

  • La lutte acharnée contre le bien et le mal, la force de la foi confrontée à la légèreté des moeurs, bien des thématiques sont traitées dans « Prières de Sang » mais quel réel message véhicule votre livre à ses lecteurs ?
  • Initialement, je voulais écrire un livre qui montre que l’homme peut se montrer plus fort que le mal. Mais pour cela il doit livrer un terrible combat. Il n’existe pas de victoire facile contre le démon ! Si vous n’avez pas l’impression d’être dans le combat, c’est que vous l’avez déjà perdu …Aujourd’hui pour être franc, je ne sais plus. Comme je viens de vous le dire, j’ai l’impression que quelqu’un d’autre a écrit ce roman à ma place. C’est à lui qu’il faudrait poser votre question. Mais je ne suis pas certain de vouloir entendre sa réponse …

 

  • Quelles étaient les premières impressions de la maison d’édition quand le texte lui a été présenté ? Vous a-t-il  été demandé de modifier, ou de supprimer certains passages ? Y a-t-il eu une négociation sur le contenu ? Si oui, sur quoi portait-elle et comment s’est-elle déroulée ?
  • J’ai beaucoup hésité à proposer « Prières de sang » à un éditeur. Vous l’avez compris, je n’étais pas à l’aise avec l’histoire, son coté sombre et diabolique. Mais d’un autre coté, j’étais conscient de ses qualités littéraires. Un jour j’ai décidé de déposer mon roman sur le site de Publishroom pour bénéficier de l’avis d’un professionnel. L’accueil a été immédiatement très chaleureux. Je garde un excellent souvenir de mes premiers échanges avec Claire. J’ai apprécié qu’elle comprenne mon embarras. Elle m’a conseillé de prendre mon temps, de mûrir ma décision. Finalement j’ai publié « Prières de sang » mais sous pseudonyme. Publishroom m’a alors proposé quelques modifications, essentiellement pour accélérer le rythme de l’histoire. J’ai supprimé sans état d’âme une cinquantaine de pages du manuscrit original. J’ai également changé la fin pour accroitre l’intensité dramatique du roman. Je le regrette en partie aujourd’hui … J’ai senti que cela avait dérouté certains lecteurs.

 

  • Je sais que beaucoup de lecteurs conquis souhaitent se renseigner sur la sortie du tome 2 de ce roman, allez-vous les faire languir outre mesure ? (Rires…) 
  • Pour être franc je ne sais pas. La suite est déjà écrite dans mes fameux cahiers. Il me suffirait de l’organiser dans un tome 2. Mais je ne suis pas certain d’en avoir envie. Cela dépendra de l’accueil de Prières de sang. Pour l’instant les critiques sont très élogieuses. Mais elles saluent surtout mon style et la fluidité de mon écriture. Je sens à chaque fois le lecteur bouleversé par l’histoire et son coté sombre. J’ai eu récemment une critique très violente qui m’a blessé et en même temps a semé le doute dans mon esprit. Peut être qu’il serait bon que je prenne un peu de recul pour écrire un autre roman. Quelque chose de plus beau, de plus lumineux qui me corresponde davantage. Que je publierai sous mon vrai nom. J’attends l’avis de mes lecteurs …
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