« Le Fou » – Gibran Khalil Gibran

Présentation de l’éditeur

 L’auteur du Prophète, œuvre traduite dans le monde entier, n’est pas l’homme d’un seul livre. Le Fou, écrit en anglais et publié en 1918, est une excellente introduction à la pensée de l’un des plus dignes représentants de la littérature proche-orientale. Figure récurrente de la littérature arabe, le fou permet à Gibran de porter un regard pur et détaché sur les vicissitudes du monde. C’est à travers les œuvres de William Blake, de Rodin, de Nietzsche, que s’est forgée la pensée de cet auteur universel.

Mon avis

Ce recueil de Sir Gibran est l’un de mes livres favoris, et j’adore l’emmener avec moi lors de mes voyages. Il me semble redécouvrir sans cesse et à chaque nouvel horizon la sagesse exquise contenue dans ses lignes. Un ensemble de textes vibrants et poétiques qui font écho à la vie, entre épopée philosophique et livre de contes.

En abordant des thèmes tels que l’hypocrisie sociale, la déraison, la faiblesse humaine, le vice et le beau, Gibran nous livre ses pensées les plus intimes sur la contradiction du monde, sa lumineuse obscurité, son sens sacré et impénétrable.

Rien de mieux pour vous laisser séduire qu’un extrait, l’un de mes préférés :

[Extrait]

« Vous me demandez comment je devins un fou. Cela m’arriva ainsi: un jour, bien avant que de nombreux dieux ne fussent nés, je m’éveillai d’un profond sommeil et trouvais que tous mes masques étaient volés, les sept masques que j’ai façonnés et portés durant sept vies; je courus alors sans masque à travers les rues grouillantes de la ville en criant: « Aux voleurs! Aux voleurs! Aux maudits voleurs! »
Et quand j’atteignis la place du marché, un jeune homme, debout sur le toit d’une maison, s’écria: « C’est un fou. » Je levais la tête pour le regarder; le soleil embrassa mon propre visage nu pour la première fois. Pour la première fois le soleil embrassa mon propre visage nu et mon âme s’enflamma d’amour pour le soleil, et je ne voulus plus de mes masques.
Et dans ma folie, j’ai retrouvé à la fois ma liberté et ma sécurité; la liberté d’être seul et la sécurité de n’être pas compris; car ceux qui nous comprennent nous asservissent de quelque manière. »

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