Le complexe de la marâtre : Etre belle-mère dans une famille recomposée – Catherine Audibert

Reçu en partenariat avec les Editions Actes Sud, il me tardait d’entamer ce livre, surtout à l’heure actuelle où les belles-mères n’ont jamais été aussi nombreuses.
Cette lecture démystifie le concept de la vilaine belle-mère et traite avec beaucoup de recul et de précision ses ressentis, ceux des enfants et du père pour une meilleure compréhension des familles reconstruites.

Présentation de l’éditeur 

Les petites filles rêvent d’être maman, jamais d’être marâtre. C’est pourtant ce que vivent de très nombreuses femmes qui, parce qu’elles n’y ont pas été préparées, doivent inventer leur place dans une nouvelle constellation familiale. Que signifie être belle-mère aujourd’hui, dans une famille en recomposition ? Quel travail psychique une femme est-elle amenée à faire pour vivre une telle  » maternité  » ? Comment compose-t-elle au quotidien avec l’ombre de  » l’ex « , l’ambivalence du père et les conflits de loyauté des enfants ? Ce livre est dédié aux  » nouvelles marâtres « . Il raconte leurs histoires, des histoires d’amour et de haine, de générosité, de lassitude parfois. Il montre aussi que l’attitude des hommes, en cette affaire, est cruciale. Pour les enfants, pour le couple, et pour que la belle-mère ne soit pas considérée comme une mère  » au rabais « .

Ma chronique

Alors en premier lieu, j’aime beaucoup la petite collection « Petite Bibliothèque Payot » car elle propose souvent des ouvrages de grand intérêt qui explicitent plusieurs notions de notre vie quotidienne et qui allient compréhension du sujet aux conseils pratiques.
Ce livre a été une belle et rapide (2h30) lecture qui m’a fait plonger dans le ressenti de ces femmes qui, du jour au lendemain, se retrouvent « belles-mamans » sans que cela ne soit aucunement prévu.
Il y en a qui estimeraient cela comme un fait anodin, comme si la chose ne demandait aucun effort physique ou émotionnel. Pourtant la situation est toute autre et les difficultés existantes peuvent souvent contrebalancer l’équilibre du couple si ce dernier n’est pas bien soudé et à l’écoute.

L’ouvrage aborde donc les thèmes qui dérangent, expose les non-dits et met la lumière sur cet amas de sentiments ambivalents que l’on ne sait pas toujours comment interpréter. Il offre aux lecteurs d’excellents exemples et cas concrets qui peuvent les aider à faire le point sur leur propre situation ou sur celle de leur entourage.

Les belles-mères se sentent moins seules et plus décomplexées à la lecture car elles se rendent peu à peu compte que les déboires qu’elles croyaient leur être propres, sont en réalité partagés avec des millions de femmes autour du monde. C’est aussi une excellente lecture de couple puisqu’elle permet au père de se rendre compte du rôle crucial qu’il joue dans la reconstruction familiale mais aussi de tous les sentiments éprouvants que peut ressentir sa conjointe et du travail psychique considérable qui est exigé d’elle.

Alors bien sûr, tout n’est pas toujours rose et ce livre explore à travers les expériences qui y figurent plusieurs cas où ce n’est pas vraiment la joie : L’homme qui interdit à sa nouvelle compagne d’interagir avec ses enfants de peur qu’elle soit injuste, la nouvelle compagne prise pour une bonniche, des enfants odieux à souhait avec leur marâtre…

Mais face à ces exemples, ne vous découragez point, car Catherine Audibert insiste bien sur le fait que l’harmonie de la nouvelle famille dépend du père et de la place qu’il accorde à son épouse et à ses enfants dans ce nouvel équilibre, c’est donc en partie à lui de veiller au respect des deux parties, si ce n’est encourager la bonne entente et la complicité pour le bien-être de ses enfants.

Ce livre aborde également la question des rivalités entre les femmes, l’immaturité de certains partenaires, la confusion des enfants et leur sentiment de loyauté envers la mère et/ou la belle-mère, l’importance de rester soi-même, le droit d’aimer, le droit d’éduquer, les réparations qui peuvent opérer après des situations de tension et de conflit… Il évoque aussi des cas où la mère diabolise l’autre aux yeux des enfants mais crée sans s’en rendre compte une boucle infernale qui se retourne contre elle-même mais aussi contre sa progéniture.

Mais si le temps est pris de se rendre compte des souffrances communes passées, il y a parfois une prise de conscience vers le chemin de l’amour qui indique à toutes les parties prises que le plus important dans l’histoire est de garantir le meilleur équilibre de vie pour les enfants.

Pour finir, à ceux qui reprochent à ce livre de ne pas contenir une liste de solutions miracle, je vous répondrais qu’il n’y en a pas. Il vous revient à vous de vous adapter à la situation, et dans un savant mélange de tendresse et de discipline, vous frayer un chemin vers le cœur des enfants. Ils vous le rendront bien ! Et puis contrairement aux adultes, ils comprennent que personne ne prend la place de personne, la mère restera toujours la mère à leurs yeux, mais cela ne les empêche pas d’avoir par ailleurs une autre mère nourricière qui est aussi source de support et de bienveillance.

Aussi, mon conseil est de vous armer d’amour et de patience. Beaucoup d’amour pour compenser toute la haine et les injustices autour, et beaucoup de patience et de persévérance car c’est à ce prix que l’on obtient les plus belles choses de la vie, y compris l’amour d’enfants qui nous ont choisi et qui, même s’ils ne sont pas de notre propre sang, en valent résolument bien la peine !

Extraits :

 

 

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