La Mecque-Phuket – Saphia Azzeddine

Au programme, la chronique de « La Mecque-Phuket » de Saphia Azzeddine. Ce livre ne faisait pas du tout partie de ma pál de Février mais il m’a fait de l’oeil sur un rayon et intriguée, je n’ai pu résister à l’acheter.

Présentation

En bonnes filles vertueuses, Fairouz et sa soeur Kalsoum économisent l’argent de leurs petits boulots pour réaliser le rêve de leurs parents : un pélerinage à la Mecque. Mais, pour une fois, la jeune Fairouz, un brin rebelle, a bien envie de s’affranchir des traditions familiales et religieuses pour succomber aux tentations occidentales modernes, et acheter, plutôt, des billets pour Phuket.

Ma Chronique

Un vrai coup de coeur. C’est mon premier livre de Saphia Azzeddine et il me tardait de découvrir son style car j’avais croisé plusieurs publications enthousiastes sur ses écrits. Je n’ai pas été déçue !

Avec une plume aiguisée et tranchante, l’auteur ne fait pas dans les demi-mesures et nous retrace peu à peu dans ce livre le vécu des femmes musulmanes entre traditions maghrébines, pression sociale et liberté d’expression.

Si son humour vif et sarcastique nous fait souvent sourire, les propos de l’auteur; eux, nous font réfléchir sur les conditions de la femme musulmane, son accès encadré en Arabie saoudite, les frustrations et contradictions qu’elles rencontrent dans leurs vies quotidiennes et le statut dont elles disposent au sein de la société.

Aussi, elle n’a pas manqué de mettre en relief la pression qui pèse sur les jeunes femmes arabes parce que leur destin dépend en partie de si elles arrivent à se trouver un mari ou pas. Et encore eurent-elles cette « chance », que leur incomberait à elles et à elles seules le « devoir » de garder leurs maris.

Saphia Azzeddine aborde également la différence de perception entre les enfants mâles et femelles que l’on entretient dans les sociétés arabes et l’importance surannée d’un « nourrisson mâle ». Cette glorification constante de l’homme arabe qui le pousse des fois au bord de la schizophrénie tellement le décalage entre l’image perçue dans son foyer diffère de l’image réelle qu’il a dehors. Cela peut sembler un peu réducteur mais vivant dans un pays où ce genre de pensées sont encore d’actualité dans bon nombre de régions, ces propos m’interpellent plus que jamais sur la vision que l’on a de la femme et de son rôle sur la société.

Saphia descend l’ignorance, la culture du ouï-dire, l’hypocrisie sociale et cette « bienveillante autorité » qui permet à tous d’avoir à redire sur la vie des autres. Elle parle brillamment de sujets tels que le racisme, le machisme, les préjugés, la foi, la famille, les valeurs… Et l’humain, dans tout ce qu’il a de vrai et de vulnérable.

La fluidité de l’écriture fait que ce livre peut se lire en quelques heures en toute facilité, et je vous garantis que cela sera le cas après les premières pages qui vous imprègnent dès le tout début du livre.

Et puis elle finit sur cette toute dernière citation :  « Il y a donc deux manières d’envisager Dieu ici-bàs. Il y a ceux qui demandent pardon et ceux qui disent merci. J’avais choisi. Merci mon Dieu. »

Je recommande vivement :).

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