Cyanure – Laurent Loison

« Cyanure » de Laurent Loison fait partie de ces livres OVNI qui atterrissent entre vos mains et qui commencent fort pour finir sur un grand coup de maître, ce que je vais détailler sans tarder ci-bas. Alors pour le rappeler, je suis cet auteur depuis les tout débuts et j’avais particulièrement apprécié son premier roman « Charade » qui avait suscité je m’en souviens beaucoup d’engouement. Il me tardait donc de vous présenter son petit dernier et je remercie par l’occasion les attachées presse d’Hugo Thriller de me l’avoir fait découvrir.

Présentation

Branle-bas de combat au 36, quai des Orfèvres : un ministre assassiné, des corps qui tombent comme à Gravelotte, des projectiles trempés au cyanure propulsés à une distance inégalée.
À sa grande surprise, le célèbre et impétueux commissaire Florent Bargamont écope de cette affaire explosive aux saveurs politico-médiatiques, bien différente des habituelles scènes macabres qui sont sa spécialité.
Aidé de sa complice Emmanuelle de Quezac et du fidèle capitaine Loïc Gerbaud, Barga part en chasse sans avoir la moindre idée du danger qui les attend.
Et tandis qu’il doit faire face à de perturbantes révélations et se retrouve dans une tourmente personnelle qui le met K.O., les pistes s’entremêlent jusqu’au sommet de l’État, où le président de la République n’est peut-être pas seulement une cible.
Le brillant commissaire s’en sortira-t-il cette fois-ci indemne ?
Et vous, en sortirez-vous indemne ?

Ma chronique

L’histoire est judicieusement ancrée dans des allers retours intriguants du passé (1984) au présent (2017) et elle commence fort avec ces deux enfants captifs d’un monstre sans coeur qui les roue sous les coups à la moindre occasion et leur fait subir toutes sortes d’horreurs et d’abus. Tout de suite après, on découvre la mise en place d’un tireur d’élite muni de son imposant PGM Hécate II Calibre12,7 F1 qui a pour but d’assassiner le ministre Gonzague Verdine et qui disparut sans laisser de traces exactement 15 secondes après avoir pressé la détente. Laissant la foule dans un état bouillonnant de peur et de confusion. 

Si vous avez déjà lu « Charade », vous retrouverez avec plaisir le commissaire Barga, sa compagne Emmanuelle et le fidèle capitaine Loic. Et si vous lisez Laurent Loison pour la première fois, vous n’aurez aucun mal à plonger dans l’histoire en découvrant cette équipe d’enfer aux personnages fort attachants. Même équipe qui s’est coltinée l’affaire de l’assasinat du ministre à résoudre, avec toute la pression médiatique, politique et diplomatique derrière, cela ne sera guère de tout repos ! 

Entretemps, les deux jeunes enfants ont grandi et les charmes timides de la fillette âgée maintenant de 14 ans déteint sur son corps sur lequel apparaissent les signes de maturité. Cela ne lui facilite pas la tâche et la rend une cible encore plus alléchante pour le gros porc pédophile de Grégoire qui abuse d’elle chaque fois qu’il en a l’occasion….

Plus on avance et plus on se pose une question de plus en plus lancinante : Quel rapport entre les deux histoires ?

Et comment transposer une histoire sur l’autre, comment faire le lien ? Pour les férus de thrillers et policiers comme moi, vous verrez plusieurs coups se profiler en avance, mais vous serez également pris au dépourvu à plusieurs reprises. En effet, tous les ingrédients d’un bon thriller sont regroupés : des meurtres savamment exécutés, des inconnus assassinés qui n’ont en commun que l’arme du crime, du cyanure et des arbalètes, des prodiges du cirque et leur numéro de l’impossible, des enquêteurs stressés et sous pression mais plus déterminés que jamais, des assassins qui s’apparentent plus à des machines de guerre et qui sont pros du Dark Web (cette partie est d’ailleurs hilarante), un rythme d’écriture décapant, une mort horrible qui vous donnera des cauchemars (Je m’adresse ici à l’auteur : Oh mon dieu ! Comment avez-vous pu ? (sanglots). Pourquoi, quelle nécessité ? Cette scène atroce a fendu le coeur de tous les lecteurs et nous a occasionné des nuits blanches en perspective 🙁 )

Autre point que j’ai trouvé absolument remarquable et qui m’a beaucoup régalée, c’est la pertinence du choix des citations. Je suis une fana et je collectionne les citations comme des bijoux précieux, alors en trouver qui accompagnent les chapitres et éclairent la voie à chaque nouveau pan de l’histoire est un bel avantage à mes yeux, parce que je sais ce qu’il en faut que de trouver la bonne citation qui véhicule telle sensation ou tel ressenti, cela a donc découlé d’un sérieux travail de recherche.

LE PREMIER LIVRE DANS LEQUEL LE LECTEUR EST ACTEUR DU DÉNOUEMENT 

[SPOILER ALERT]

Ce n’est que vers la fin que l’on se rend compte que toutes ces citations triées sur le volet sur la notion du «Jugement» ne sont pas anodines mais fondamentales à l’histoire et surtout à son dénouement. Pourquoi ? Parce que chers (lecteurs ou futurs lecteurs), la fin, c’est vous même qui la choisissez, et le jugement c’est également vous qui allez l’exécuter !

Comment cela ? Je vous ai perdus ?

Je vous explique : 

Vers la fin, au moment le plus crucial, l’auteur s’arrête tout bonnement d’écrire l’histoire pour s’adresser à celui qui lit et l’inviter à faire un choix entre plusieurs fins possibles dépendemment de son jugement des personnages et ce qu’il estime être juste.

Je vous ai mi en bas des aperçus de ce à quoi ressemble l’expérience, en résumé il faut rentrer certaines données (nom, prénom, date de naissance, couleur des yeux…) et selon le dénouement choisi, une fin toute personnalisée vous sera envoyée et croyez-moi elle vaut le détour ! Néanmoins, vous ne pourrez choisir qu’une fin et une seule, il ne vous sera pas possible de revenir en arrière et modifier votre choix. Mais au final, quelle expérience épatante ! 

L’auteur implique le lecteur entièrement dans l’histoire et le met en immersion dans cet univers, mais surtout, surtout, le sensibilise à la notion du jugement puisqu’il est nécessaire de le rappeler, juger quelqu’un revient aussi à le condamner 😉 et ça je pense que c’est la plus grande plus-value qu’en retirent à mes yeux les lecteurs. Tout simplement brillant. J’estime d’ailleurs que l’auteur a levé la barre haute dans l’univers des thrillers français et cela avec à son compte seulement deux livres, pourtant il trouve toujours le moyen d’innover et je suis juste impatiente de découvrir le sujet de son prochain livre.

Le seul hic et que je trouve un peu dommage, c’est qu’à aucun moment à l’achat du livre on ne vous prévient que vous aurez besoin d’une connexion internet (ce n’est donc pas le roman idéal à emmener en vacances en montagne) ou de rentrer vos données personnelles (cela peut décourager les personnes se montrant réticentes à l’idée).

Mais finalement je dois bien admettre aussi que l’expérience de lecture qu’offre ce thriller en vaut largement la peine car elle est totalement originale et a le grand avantage de rendre le lecteur acteur du dénouement, un peu comme un roman écrit à deux avec l’auteur 😉 Surtout qu’à la base, moi quand je l’ai lu, il était minuit et il me restait dix pages pour le terminer, et quand je tombe sur les instructions je me précipite comme une folle sur mon téléphone parce que je ne tiens plus tant il me tarde de lire la fin. Je recherche donc ce précieux code et retourne mon livre dans tous les sens pour ah ! Il est là, bien caché derrière le rabat de la couverture, juste excellent ! Je peux vous dire que cette nuit-là j’ai dormi aux aurores tellement j’étais secouée (Merci Laurent)

P.S : L’auteur n’a pas omis de faire une petite référence au groupe Facebook « Les Mordus de Thrillers » qui est une excellente plateforme d’échange et de lectures captivantes. Un clin d’oeil bien sympa 😉

Procurez-le vous ici : http://www.hugoetcie.fr/livres/cyanure/

Dédicace de Laurent Loison

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